Verlag: Excudebat Henricus Stephanus, Illustri Viri Huldrichi Fuggeri Typographus, [Genève], 1566
Erstausgabe
Edition Originale. In-folio, s.l. [Genève], reliure plein veau marbré fin XVIIIe ou tout début du XIXe siècle, dos élégant à six nerfs guillochés richement orné de caissons encadrés de filets dorés et décorés de volutes et de motifs floraux dorés, pièce de titre de maroquin rouge, titre doré, plats encadrés d'une double dentelle dorée, coupes guillochées, gardes marbrées, petit ex-libris manuscrit daté de 1789 "D. Wyttenbach Amstelod[ami]", 2 ff. bl., 20-LXXII-410- [1 f. faux titre] -411-781-[1] - 489 [i.e. 494] -LVII [i.e. LVI]. Quelques erreurs typographiques de pagination sans conséquences, p. 57-58, 236, 282-283 répétées, p. LV omise. Titre grec Oi tês hêrôikês poiêseôs prôteuontes poiêtai, kai alloi tines. Homeros, Theokritos, Mousaios, Hesiodos, Moschos, Theognis, Orpheus, Biôn, Phokylidês, Kallimachos, Dionysios, Pythagoru chrysai epê, Aratos, Kolouthos, Nikandros, Tryphyodoros. Signatures : *6, **4, A-D8, E4, a-z8, aa-bb8, cc6, Aa8, 1, Bb-Yy8, Zz6, Zz3, AA-ZZ6, AAA-RRR6, SSS4, TTT3, a-g4. Texte grec. Marque d'Henri Estienne au titre gravée sur bois. Devise : "Noli altum sapere". Edition originale de ce monument éditorial et typographique de l'humanisme. " Henri Estienne's Typographic Masterpiece " (Fred, Schreiber). Helléniste de talent et héritier d'une dynastie d'imprimeurs, Henri Estienne (1531-1598) a trente-cinq ans lorsqu'il sort de ses presses de Genève ce livre unique, imprimé grâce aux largesses financières de son mécène Ulrich Fulger (1526-1584) apparenté à la puissante famille des banquiers d'Augsbourg. Le volume est composé dans le grand corps des " grecs du Roi ", dont les matrices avaient été apportées de Paris. Le format in-folio retenu en montre l'importance à ses yeux. En 1566, il est déjà l'éditeur des Tragédies complètes d'Eschyle et de l'édition princeps des Odes d'Anacréon. Il fera paraitre en 1572 le " Thesaurus Linguae Graecae ". Les " Poetae graeci principes " se présentent comme une anthologie de la poésie grecque, d'Homère à Pythagore. Elle est précédée d'une longue préface en latin (20 pp.), qui nous touche quand Henri Estienne remémore ses premiers pas d'helléniste, sa préférence pour le grec " qui literas Graecas ante Latinas disci debere censebant ". C'est le philologue qui parle, mais aussi l'amateur de poésie grecque, dont les charmes le séduisent comme le chant des Sirènes " ac Sirenum cantibus delinitus ". La première partie est consacrée aux poésies d'Homère (l'Iliade, l'Odyssée, Batrachomyomachie, Hymnes), qui représente la première édition critique des textes homériques, depuis l'édition princeps de 1488, et qui fera autorité pendant longtemps. Henri Estienne dit l'avoir établie à partir de toutes les éditions antérieures, au nombre de dix-huit, des commentaires d'Eustathe, ainsi que d'un " vetus exemplar ", manuscrit grec resté longtemps inconnu. Il a été retrouvé et identifié à la fin du XIXe siècle à la bibliothèque de Genève (le Genevensis graecus 44). Henri Estienne innove également dans cette édition en numérotant les vers. La seconde partie est dédiée à des uvres des poètes (Hésiode, Orphéus, Callimaque, Aratus, Nicander, Theocritus, Moschus, Bion, Dionysius, Coluthus, Tryphiodorus, Musaeus Theognis de Mégare, Phocylides, les " Aurea carmina " de Pythagore), incluant aussi des fragments en édition princeps de Solon, Tyrtée et Mimnerme. Les " Henrici Stephani annotationes " ont été reliées à la fin dans notre volume. Renouard déjà, plus récemment Fred Schreiber notaient qu'il était difficile de trouver des exemplaires des " Poetae graecae " dans une bonne condition. Notre exemplaire est dans un bel état : Il a été relié et restauré semble-t-il, (page de titre doublée, gardes blanches) autour des années 1780-1800. Une restauration récente de grande qualité a redonné tout son lustre à la reliure (la coiffe supérieure avait été abimée) et les dernières pages ou plus légèrement certains hauts de page de la deuxième partie restent marqués de traces d'humidité, sans nuire à la grande qualité de l'en.