– L’œuvre de Margherita Guidacci (1921-1992) commence enfin d’être située à sa juste place, tout près de sa chère Emily Dickinson qu’elle a tant contribué à faire découvrir, grâce à la parution de l’édition complète à Florence (1000 p, Le Lettere, 2024) et de plusieurs importantes études.
– Les éditions Arfuyen ont commencé de publier Margherita Guidacci dès 1977, faisant paraître des textes même inédits en Italie. Fidèles à son œuvre, elle ont entrepris de rendre disponible en édition bilingue l’essentiel de son œuvre. En 2024 a paru dans la collection « Neige » un premier volume : Le Retable d’Issenheim, suivi de L’Horloge de Bologne.
– Le présent volume donne à lire deux ouvrages complémentaires : Neurosuite (1970), « mon livre auquel je tiens le plus », écrivait Margherita Guidacci, et Le Vide et les Formes (1977), né de la même urgence. La préface comporte de nombreux extraits de lettres et documents inédits déposés à la BNU de Strasbourg.
Margherita Guidacci est née le 25 avril 1921 à Florence. Son père, avocat réputé, et sa mère sont tous deux originaires de Scarperia, à 25 kilomètres de Florence. En 1931, son père meurt d’un cancer alors qu’elle n’a que dix ans. Elle reste seule avec sa mère..
Après d’excellentes études secondaires, Margherita Guidacci s’inscrit à la Faculté des Lettres de Florence. Elle soutient sa thèse sur l’œuvre de Giuseppe Ungaretti, puis s’oriente vers l’étude des littératures anglaise et américaine.
En 1946 paraît son premier recueil de poèmes, La sabbia e l’angelo (Le sable et l’ange). Son second livre ne paraîtra que neuf ans plus tard (Morte del ricco,1955). Son livre le plus connu, Neurosuite, écrit en 1968, porte avec une particulière acuité la marque de cette urgence intérieure.
Margherita Guidacci se marie à vingt-huit ans avec Luca Pinna dont elle a deux fils et une fille. Son mari meurt en 1977 puis, deux ans plus tard, sa mère.
Margherita Guidacci a enseigné pendant de nombreuses années les littératures anglaise et américaine. Elle mène une activité importante de traductrice et s’attache surtout à Emily Dickinson dont elle traduira au fur et à mesure des années une grande partie de la poésie et de la correspondance.
En 1989, elle retrouve la France qu’elle n’avait pas revue depuis plus de vingt ans. Frappée de deux attaques cérébrales en 1990, elle meurt dans son sommeil le 19 juin 1992.
Gérard Pfister est né en 1951 à Paris d'une famille colmarienne. Du côté maternel, les activités sont tournées vers le milieu diamantaire néerlandais. C’est ainsi qu’il est en proche parenté avec Etty Hillesum.
Il soutient en 1975 une thèse sur Pierre de Massot. Dada demeurera dans tout son travail d’écriture et d’édition, un point de repère. Après des études de sciences politiques, de droit et d’urbanisme, il a travaillé dans les secteurs industriel et financier.
Nombreux voyages en Italie, au cours desquels il rencontre Margherita Guidacci et Leonardo Sinisgalli, ainsi qu’en Turquie. Il est l’auteur de nombreuses traductions de l'allemand (Rilke, Eckhart) et de l'italien (Guidacci, Leopardi) mais aussi de l’anglais et du turc.
Du nom d’une montagne où il possédait une maison de berger, face au mont Ventoux, il crée en 1975 les Éditions Arfuyen. La même année paraît son premier texte poétique, Faux. En 2008, il publie un essai très remarqué, La poésie, c’est autre chose. 1001 définitions de la poésie, et en 2013 son premier roman, Le Livre des sources.
Il a été à l’origine en 1990 de la revue L’Autre et en 2004 de l’association Eurobabel qui décerne avec l’OLCA le prestigieux Prix Nathan-Katz du patrimoine.
Il partage son temps entre Paris, Strasbourg et le Lac Noir, dans les Hautes-Vosges alsaciennes.