Über die Autorin bzw. den Autor
Cet article provient de l’Encyclopédie philosophique universelle, III : les œuvres philosophiques, tome 2 (sous la dir. de Jean-François Mattéi), Paris, PUF, 1992. SAUVY Alfred 1898-1990 Économiste français, issu d’une famille de viticulteurs catalans. Polytechnicien de la promotion “ 1920 spéciale ”, statisticien, il fréquente écrivains et journalistes, lit Paul Valéry, et devient, en pleine crise mondiale, spécialiste de conjoncture économique. Il entre au cabinet de Paul Reynaud en novembre 1938. Richesse et population (1943) le fait connaître. Il fonde en 1945 et dirige jusqu’en 1962 l’Institut national d’études démographiques (ined), et jusqu’en 1975 sa revue Population, et leur donne une orientation nataliste. Il dénonce inlassablement le “ malthusianisme ” des corporations, “ lobbies ” et syndicats, qui vise à protéger les positions acquises, et critique les décisions politiques prises sous cette influence. Il met en garde contre le vieillissement de la population, cause de sclérose sociale, et contre les gratuités, généreuses mais sources de gaspillages. Théorie générale de la population : I. Économie et population 1952, 1956. ― II. Biologie sociale 1954, 1959 Combinant les idées de Richesse et population (1943) et ce que lui a appris la direction de l’ined, Sauvy se refuse à tout découpage des sciences de l’homme en disciplines et, non sans toujours éviter la superficialité, alterne la démographie, la sociologie, l’économie, l’histoire, l’anthropologie familiale, la génétique, les mathématiques. Le mot “ population ” a ici le sens de “ nombre des habitants d’un territoire donné ”. A partir de brèves considérations sur les populations animales s’adaptant au milieu et à la concurrence des autres espèces, il explore les notions de population humaine maximale, minimale et optimale, et les paramètres qui les déterminent : besoins, techniques de production, répartition des fonctions entre dominants et dominés. La population qui optimise la puissance, économique ou militaire, est supérieure à celle qui optimise le bien-être. Si le seigneur accroît ses exigences, ses sujets ont intérêt à être plus nombreux, pour répartir plus largement le fardeau. Plus généralement, le luxe des classes dirigeantes accroît l’injustice, mais aussi le nombre d’emplois. Le progrès technique, et l’extension des échanges qui joue un rôle équivalent, sont “ récessifs ”, s’ils permettent de produire autant avec moins de monde, et “ processifs ” s’ils permettent d’accroître la production, et de créer de nouvelles consommations. Il n’est pas de recul démographique heureux. Ainsi les malheurs de la France s’expliquent par sa faible croissance démographique et par son vieillissement précoce. L’examen des principales questions démographiques et sociologiques – vieillissement, mortalité, fécondité, pratiques antinatales, migrations, famille, enseignement, hérédité sociale, politique du peuplement – conduit à répudier les systèmes, comme le marxisme, faisant trop peu confiance à l’homme. Qu’il y ait des pays surpeuplés n’est pas niable, en Hollande ou en Inde, mais ils réduiront tôt ou tard leur fécondité. Le mal suprême est l’esprit malthusien, qui se méfie des nouvelles richesses et de leurs créateurs. Le titre fait référence à la Théorie générale de Keynes, à laquelle il cherche à s’opposer comme source d’inspiration du courant “ mendésiste ” de “ socialisme éclairé ”. Mais ce devrait être plutôt “ Pour une théorie... ”, tant sont nombreuses les questions soumises à examen. Sceptique sur les possibilités du calcul, ne croyant qu’à l’observation des faits, et confiant dans les capacités de l’homme stimulé par la difficulté, Sauvy plaide pour la croissance démographique qui permet de corriger plus aisément les distorsions sociales. (M.-L. Lévy) u Richesse et population, Paris, Payot, 1943. ― Conjoncture et prévision économique, Paris, puf, 1943 ( “ Que sais-je ? ” ), rééd. jusqu’à 1977. ― La population, Paris, puf, 1944 ( “ Que sais-je ? ” ), rééd. jusqu’à 1978. ― Des Français pour la France (avec R. Debré), Paris, Gallimard, 1946. ― Théorie générale de la population, vol. 1 : Économie et population, 1952, 1956 ; vol. 2 : Biologie sociale, 1954, 1959, Paris, puf ( “ Bibliothèque de sociologie contemporaine ” ). ― L’opinion publique, Paris, puf, 1956 ( “ Que sais-je ? ” ), rééd. jusqu’à 1977. ― “ La démographie ”, in Histoire de la science, Paris, Encyclopédie de la Pléiade, Gallimard, 1957. ― De Malthus à Mao Tsé-toung, Paris, Denoël, 1958. ― La montée des jeunes, Paris, Calmann-Lévy, 1959. ― Les limites de la vie humaine, Paris, Hachette, 1961. ― Histoire économique de la France entre les deux guerres (avec A. Hirsch), Paris, Fayard, vol. 1, 1965, vol. 2, 1967, vol. 3, 1972, vol. 4 (L’Occupation), 1975 ; rééd. Economica, 1984. ― De Paul Reynaud à Charles de Gaulle (souvenirs), Paris, Casterman, 1972. ― Croissance zéro ?, Paris, Calmann-Lévy, 1973. ― La fin des riches, Paris, Calmann-Lévy, 1978. ― La machine et le chômage. Le progrès technique et l’emploi (avec A. Hirsch), préf. W. Léontief, Paris, Dunod, 1980. ― La vie en plus, souvenirs, Paris, Calman-Lévy, 1981. ― Le travail noir et l’économie de demain, Paris, Calmann-Lévy, 1984.― L’Europe submergée, Paris, Dunod, 1987. ― Aux sources de l’humour, O. Jacob, 1988. ― Nombreux articles dans Population (ined), Journal de la Société de statistiques de Paris, Revue politique et parlementaire, L’Express, L’Expansion, Le Monde (Notes de lecture)... l M. L. Lévy, Alfred Sauvy, compagnon du siècle, La Manufacture, 1990.
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