CHAPTER 1
INTRODUCTION
Je ne suis pas médecin. Je souffre de dyspepsie et du syndrome de l'intestin irritable (SII) depuis ma prime enfance. J'ai expérimenté plusieurs démarches et j'ai tenté de développer celles qui me convenaient le mieux, parfois à cause de l'urgence du moment. Celle que je propose se veut un complément à l'approche médicale. Le degré de sensibilité et la persévérance qu'elle exige ne va pas de soi et ne sont pas enseignés. Je peux cependant vous assurer qu'ils m'ont permis de maîtriser mes symptômes, même s'ils semblaient parfois voguer sur une mer imprévisible, cruelle et envahissante.
La section « Démarche personnelle » décrit, dans des termes simples, les symptômes que j'ai vécus ainsi que certaines de mes hypothèses pour tenter d'expliquer les TDF. Le lecteur pourrait s'y reconnaître et mieux comprendre ma démarche. Je détaille ensuite les exercices d'évacuation des gaz, de libération de la tension nerveuse, et donc de la douleur. Comme il s'agit, à ma connaissance, d'une démarche peu connue, j'en détaille les exercices et les différents niveaux d'amélioration que l'on peut en attendre.
L'esprit dans lequel j'ai abordé ce livre ressemble étrangement à celui de Peter Pan, emblème mythique de ma génération (baby-boomers). Nous avons tous expérimenté étant jeunes ce sentiment d'énergie profonde qui nous permettait de guérir, de jouer ou de courir. Je me souviens d'instants de quasi grâce où j'avais l'impression que ma vitalité me permettrait de passer à travers tous les éventuels maux et les vicissitudes de la vie. Malheureusement, nous avons tendance, avec le temps et, de surcroît, lorsque l'on souffre de TDF, à oublier cette sensation de pleine vitalité. On vient à penser que l'on ne la revivra jamais. Comme Peter Pan, il faut, au contraire, ne jamais cesser d'y croire et ... y mettre nos meilleurs efforts. De plus, il faudra transcender nos douleurs, le sentiment d'échec et de découragement. Il faudra persévérer, expérimenter, bouger. Que serait Peter Pan sans son combat contre le Capitaine Crochet? Et si ce dernier était ces maux, tant physiques que psychologiques, qui nous assaillent, nous paralysent? Et s'il était la mémoire et la peur de ceux qui nous ont fait mal? Si, comme l'indique le Dr Daniel Dufour dans son livre Les tremblements intérieurs(p. 24), la maladie « n'est qu'un message d'une erreur profonde ou superficielle dans l'attitude des gens face à la vie ». Comme disent les sportifs : « Il n'y a pas de gloire, ni d'honneur à vaincre sans péril. » Or, aujourd'hui, à la veille de la cinquantaine, je suis beaucoup plus heureux, plus optimiste, moins souffrant et je fais beaucoup plus de sports qu'à trente ans. Je ressens à nouveau cette merveilleuse vitalité de mon enfance. Dieu que je vous le souhaite!
Comme l'indique le docteur Scott Peck, psychiatre, dans son livre Les gens du mensonge(p. 54-55) : « Guérir, c'est aimer. Là où il y a de l'amour, il y a de la guérison. Paradoxalement, une psychologie du mal doit être une psychologie de l'amour, une psychologie débordante d'amour de la vie. Tout au long de son cheminement, sa méthodologie doit se soumettre non seulement à l'amour de la vérité, mais à l'amour de la vie également; à l'amour de la chaleur, de la lumière et du rire, de la spontanéité et de la joie, du besoin de servir et d'être utile. » Substituez les symptômes et les douleurs associés aux TDF à la psychologie du mal du Dr Peck et vous aurez l'objectif de cet ouvrage : la connaissance et le traitement des symptômes afin de rendre la vie bonne. Que ce livre soit pour vous, comme pour Peter Pan, le début d'un voyage fascinant qui refera vivre la joie.
J'ai été initié à la libération des gaz par mon épouse qui, comme moi, a longtemps souffert de dyspepsie sans le savoir. C'est lors de sa grossesse qu'elle a découvert les bienfaits d'évacuer les gaz de l'estomac. Le dégagement régulier des gaz nous a épargné bien des nuits blanches et des malaises. Nous avons un garçon de seize ans qui m'a appris, lorsqu'il était petit et que j'expérimentais les exercices de libération des gaz, qu'il n'y a pas que les petits enfants qui peuvent avoir besoin d'aide pour « faire leur rot ».
On vous dira que les TDF ne se guérissent pas. Comme Peter Pan, je rêve à ma guérison, c'est mon défi! Sans être complètement guéri, avec les exercices effectués régulièrement, je vis comme si je l'étais, car à la moindre douleur et au moindre symptôme, je fais les exercices afin de les éliminer. J'espère que mon expérience permettra au plus grand nombre d'entre vous de profiter des bienfaits d'une libération la plus complète possible des gaz, de la tension nerveuse et de la douleur.
CHAPTER 2
MON HISTOIRE
Une théorie (voir la section sur le livre du Dr Devroede, chirurgien) propose que le syndrome de l'intestin irritable (SII) résulte souvent de la qualité des soins lors de la prime enfance. L'apprentissage des soins prodigués aux enfants est influencé tant par la personnalité des parents que par la manière dont ils ont appris à soigner les autres et à se soigner. On peut alors imaginer que les problèmes digestifs se transmettent sur plusieurs générations. Je décris ici mon histoire et celle de ma famille.
Mes « problèmes » ont commencé dès ma naissance. Selon ma mère, je souffrais de coliques interminables, accompagnées parfois de fièvre. Elle disait que je lui avais appris à « faire des nuits blanches ». Pour arriver à m'endormir, elle me couchait sur son côté et me berçait. Après six mois de ce régime, elle me laissa pleurer seul dans mon lit pendant trois nuits : son problème était réglé. Mes troubles digestifs ont persisté. Il m'arrivait de faire des indigestions aiguës avec perte de conscience.
Je souffrais d'anxiété et d'insomnie. J'engourdissais ces maux en me brassant et en chantant la nuit, comme un animal en cage, au grand dam de mes parents, comme pour remplacer la présence rassurante de ma mère les six premiers mois...