UN VACCIN CONTRE LA RAGE - Softcover

La Passe Du Vent

 
9782845622395: UN VACCIN CONTRE LA RAGE

Zu dieser ISBN ist aktuell kein Angebot verfügbar.

Inhaltsangabe

Même le prix Nobel de littérature peut annoncer une bonne "nouvelle" la preuve : pour la première fois, la vénérable institution récompense une auteure de nouvelles. C'est dire si le genre voit tout à coup sa cote remonter. Mais personne n'en doutait. Car la nouvelle résiste. Elle est même une résistance, un désir de changement immédiat. La nouvelle ? Une façon d'écrire au présent, dans l'immédiat du monde, dans son urgence. Ecrire une nouvelle, c'est crier, avec ce que ce verbe d'action spontanée entraîne de colère, de refus du statu quo, et de soulagement maintenant que le couvercle a sauté. [...] Un vaccin contre la rage ? Dix antidotes à l'habitude et à la morosité, dix piqûres de rappel. Extrait de la préface Dans l'immédiat du monde d'Emmanuel Merle.

Die Inhaltsangabe kann sich auf eine andere Ausgabe dieses Titels beziehen.

Über die Autorin bzw. den Autor

Les auteurs lauréats du concours Quelles nouvelles ? 2013 :



Pierre-Yves Hurtevent, Habitacle

Rafael Lecluselle, Qu’est-ce qui me retient ?

Christelle Gény, Tissages

Lucie Streiff-Rivail, Je suis une guerrière !

Valérie Reich, Aquariophilie

Cédric Guilleray, Couches et compotes

François Vacarisas, Léon

Rahim Nourmamode, Intrusion

Éric Lafon, Eau salée

Sarah Carré, Avec vue



Toutes les nouvelles sont illustrées par Manon Molesti – [www.manon.molesti.over-blog.com]

Préface d’Emmanuel Merle, auteur et président du jury 2013 :




Dans l’immédiat du monde...

Même le prix Nobel de littérature peut annoncer une bonne « nouvelle », la preuve : pour la première fois, la vénérable institution récompense une auteure de nouvelles, Alice Munro. C’est dire si le genre voit tout à coup sa cote remonter.
Mais personne n’en doutait.
Car la nouvelle résiste. Elle est même une résistance, un désir de changement immédiat. La nouvelle ? Une façon d’écrire au présent, dans l’immédiat du monde, dans son urgence. Écrire une nouvelle, c’est crier, avec ce que ce verbe d’action spontanée entraîne de colère, de refus du statu quo, et de soulagement maintenant que le couvercle a sauté.
Un vaccin contre la rage ne déroge pas à cette urgence. Tous les personnages – du clochard héroïque au couple de vieux rebelles, du voleur de voitures au prisonnier torturé – veulent que ça change, et tout de suite.
La nouvelle, le genre de la nouvelle, peut-être plus que toute autre configuration d’écriture, ressent que rien n’est impossible, que tout est destiné à se transformer. Dès lors, deux attitudes : le désir de contrôle, total et illusoire, ou la débâcle, complète, jubilatoire et, parfois, autodestructrice. Puisque rien ne dure, puisque « le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie », alors basta, après moi le déluge, souvent même dans le vrai sens du terme.
Et quel est le meilleur lieu pour tout faire craquer, quel est le tissu le plus déchirable ? Le couple. La nouvelle privilégie le duel, cette étrange capacité que semble posséder l’autre quand on le côtoie à inscrire sur son front, sur sa peau, dans son comportement l’armée hurlante de nos dépits, de nos lâchetés et de nos propres échecs. La nouvelle montre cette guerre, et il arrive que l’on s’en amuse. Parce que trop c’est trop, et seule cette rapidité de l’instant d’écriture (en quelques pages c’est bouclé) autorise une outrance dont on mesure mal (mais qui n’a pas un tant soit peu vécu ces moments-là ?) à quel point elle peut être entièrement vraie.
Un texte, c’est de l’eau courante. Je ne vois pas d’autre métaphore pour exprimer ce flux de l’existence, ininterrompu, chaotique, fiévreux, tragique et jouissif. On est toujours emporté par un courant, on ne se baigne paraît-il jamais deux fois dans le même fleuve (parvient-on seulement à s’y tremper une seule fois quand on voit son débit ?).
Mais un texte, c’est aussi un tissu (les deux mots

„Über diesen Titel“ kann sich auf eine andere Ausgabe dieses Titels beziehen.