" Je me souviens de mes visites aux premiers Salons de mai et d'automne, à La Libération. Il devait se passer ailleurs quelque chose qu'on ignorait, mais quoi ? Je voulais du neuf, m'écarter des chemins battus. Voilà pourquoi ma première exposition fut consacrée à Vasarely. C'était un chercheur. Puis j'ai montré Atlan, parce que Lui aussi était insolite, différent, nouveau. Un jour, cinq inconnus, Hartung, Deyrolle, Dewasne, Schneider, Marie Raymond, sont venus me présenter leurs toiles. En un clin d'oeil, devant ces oeuvres strictes, austères, ma voie semblait tracée. Il y avait là assez de dynamite pour passionner et remettre en question Les problèmes artistiques. J'organisai alors l'exposition " Jeune Peinture abstraite " (janvier 1946). Pour moi, le temps du combat commençait. D'abord, jusqu'en 1950, pour imposer l'abstraction dans son ensemble, bousculer les positions traditionnelles de la peinture figurative dont on oublie un peu aujourd'hui qu'elle était à l'époque largement majoritaire. Puis ce fut, en 1954, le raz-de-marée informel : on assista à la génération spontanée de quantités d'artistes qui s'enlisaient complaisamment dans la matière. La galerie qui, depuis 1948, combattait pour l'abstraction, refusa l'engouement général et s'en tint à un choix strict. Ce choix, ce fut l'art abstrait constructif, qui est issu des grandes révolutions plastiques du début du siècle et que de nouveaux chercheurs développent aujourd'hui. Art noble, austère, qui affirme continuellement toute sa vitalité. Pourquoi en suis-je venue peu à peu à défendre exclusivement l'art construit ? Si j'en cherche les raisons en moi-même, c'est, me semble-t-il parce qu'aucun n'exprime mieux la conquête de l'artiste sur un monde menacé de décomposition, un monde en perpétuelle gestation. Dans une oeuvre d'Herbin, de Vasarely, il n'y a pas de place pour les forces obscures, l'enlisement, le morbide. Cet art traduit à l'évidence la maîtrise totale du créateur. Une hélice, un gratte-ciel, une sculpture de Schöffer, un Mortensen, un Mondrian voilà les oeuvres qui me rassurent ; on peut lire en elles, aveuglante, la domination de la raison humaine, le triomphe de l'homme sur le chaos. Voilà pour moi le rôle de l'art. l'émotion y trouve largement son compte. "
Die Inhaltsangabe kann sich auf eine andere Ausgabe dieses Titels beziehen.
Anbieter: Papier Mouvant, Houilles, Frankreich
Zustand: Excellent. 191 pages : illustrations en noir et en couleurs, couverture illustrée en couleurs ; 22,0 x 28,0 x 1,3 cm || Texte français || Impression 2001 || Sans aucune inscription. Artikel-Nr. PMV305102A
Anzahl: 1 verfügbar
Anbieter: BiblioBlu, Zwaanshoek, NH, Niederlande
Soft cover. Zustand: Fine. Fine copy. [HK4P6 / P4]. Artikel-Nr. 003143
Anzahl: 1 verfügbar