Terreurs d'été - Softcover

Ortese, Anna-Maria

 
9782742748020: Terreurs d'été

Inhaltsangabe

Je ne souhaite à aucun jeune, vaguement " désociabilisé ", comme je l'étais, et en outre dépourvu de revenus, voire de la moindre certitude personnelle et professionnelle, de traverser l'Italie dans un après-guerre soudain privé d'unité et de mémoire - comme, moi, je la traversai. On en sort rompu. Tout vous semble à la fois étranger, merveilleux et impitoyable : vous êtes dans la maison d'un autre ! A. M. O.

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Über die Autorin bzw. den Autor

Née à Rome en 1914, décédée en 1998, Anna Maria Ortese a toujours vécu en Italie. Son ceuvre, en grande partie traduite en français, a remporté de nombreux prix littéraires, notamment le Viareggio et le Strega. Chez Actes Sud ont déjà paru Là où le temps est un autre (1997), Corps céleste (2000), Le silence de Milan (2001), L'infante ensevelie (2003), Le Monaciello de Naples (2003) et Les Ombra (2004).

Von der hinteren Coverseite

De même que «Le silence de Milan» proposait une image de la cité lombarde, «Terreurs d'été» présente une chronique de la capitale italienne. Rome y est le point d'ancrage de tous les récits, elle en apparaît même comme le personnage principal. Et Anna Maria Ortese parle de sa ville natale à visage découvert, pour nous la révéler dans ce qu'elle a de plus authentique, débarrassée des clichés qui d'ordinaire l'encombrent. Cette Rome est certes une cité surprenante, peuplée de personnages étranges et fantasques, mais c'est surtout une ville intransigeante qui a l'ambition inavouable d'exclure de son sein les petites gens et les déshérités. Terreurs d'été rejoint en cela les autres grands textes d'Anna Maria Ortese. On y retrouve le thème, cher à l'auteur, de l'exclusion engendrée par l'argent et par les différences sociales.
L'héroïne de «Terreurs d'été», désireuse de passer l'été à Rome, comprendra vite qu'elle n'a pas accès aux loisirs clinquants de la bourgeoisie oisive de Monte Mario. "Les maisons surgissent, des maisons toujours plus belles, aux loyers faramineux, où nous ne pourrons, nous, jamais entrer." Il y a là des accents autobiographiques, Anna Maria Ortese a passé elle-même, en effet, son enfance dans la pauvreté et le dénuement le plus complet, et le souvenir de cet état l'a poussée à décrire des êtres déclassés, qui ont toutes les peines du monde à se loger et qui, exilés dans leur propre pays, se sentent étrangers à eux-mêmes et aux autres. Mais cette souffrance, Anna Maria Ortese ne l'évoque jamais avec insistance, elle se contente de la faire sentir par de petites touches cruelles et anodines.
Le mal-être des personnages est à l'image du climat de décomposition qui régna dans l'Italie de l'après-guerre. "On en sort rompu, dit-elle dans une note. Tout vous semble à la fois étranger, merveilleux et impitoyable." Etrangère, merveilleuse et impitoyable : telle apparaît Rome à ses visiteurs et à ses habitants ; si elle est le locus terribili moderne, c'est parce que, comme eux, elle doit panser ses blessures et se reconstruire.

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