Mes cahiers rouges au temps de la commune - Softcover

Vuillaume, Maxime

 
9782742714636: Mes cahiers rouges au temps de la commune

Inhaltsangabe

J'y étais. Le samedi matin, il nous fallut abandonner les pièces - une dizaine de pièces de 7 - faute de munitions. Les Versaillais étaient tout près. Dans l'avenue de Saint-Mandé... Il pleuvait à verse... A côté de nous, depuis trois jours, le cadavre d'un cheval, tué par un obus, qui empestait l'air... Nous ne restions plus guère qu'une quinzaine... Je me souviendrai toujours de la dernière nuit que je passai là. Accroupis, avec deux artilleurs, dont l'un blessé au bras enveloppé d'un linge rouge, dans le caveau de Morny. A côté de nous, un tas d'obus qui n'étaient pas de calibre... L'artilleur blessé jurait : "Nom de Dieu ! sommes-nous encore trahis !" Nous étouffions là-dedans... Je sortis un instant... Quel spectacle !... Tout Paris, au-dessous de nous, flambait comme une gigantesque fournaise... La moitié de la ville disparaissait sous un nuage colossal. Noir, noir, plus noir que de la poix... A cette heure-là, on ne se battait pas... Quel silence !... Je montai, une cinquantaine de pas à peine, jusqu'à la pyramide blanche - tu sais, le monument de Beaujour. La porte du caveau circulaire était grande ouverte. Une dizaine d'artilleurs ronflaient sur des tas de couronnes jaunes... Vers onze heures du matin, nous partions tous. Il était temps. Quelques heures encore, et nous étions bel et bien pris par les fusiliers marins... (Extrait)

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Von der hinteren Coverseite

En 1870, quand Napoléon III déclare la guerre à la Prusse. Maxime Vuillaume a vingt-cinq ans ; il est journaliste et ne cache pas son opposition à l'Empire. En mars 1871, il fonde avec deux associés un journal quotidien appelé Le Père Duchêne, en hommage aux placards de Hébert pendant la Révolution. La feuille quotidienne prend rapidement fait et cause pour les communards, et ne survit pas à l'insurrection qui est étouffée en mai 1871.

De l'enthousiasme des premiers jours à la répression sanglante des journées de mai, des barricades où l'on se bat aux greniers où l'on se cache, de la place Saint-Michel à l'exil en Suisse, Maxime Vuillaume raconte les multiples anecdotes et événements qui ont marqué sa vie de fédéré pendant la Commune.

Quarante ans après, il prend la plume pour livrer ses souvenirs et, grâce à eux, composer une toile impressionniste de la brève vie ― soixante-douze jours ― de la première révolution prolétarienne de notre temps. Il ne décrit pas la réalité, il la vit, et replonge presque malgré lui dans la belle ivresse qui a donné le jour à la Commune, dans cette euphorie pleine de gaieté, d'espoir et de liberté, qui devait conduire à la guerre civile.

Maxime Vuillaume est mort à l'hospice de Neuilly en 1926.

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