Je sais, nous avons deux corps et même cent et même mille. Mais comment en parler, d’autres l’ont si bien fait avant nous ?
Dans Les mille corps, on apprend de la poésie que le corps est plein de possibles, bien au-delà de l’image quotidienne qu’on en a, que ses possibilités sont infinies. Quand l’imaginaire offre au corps de s’identifier à certaines images, à première vue étrangères à sa nature, issues d’un règne différent du sien, il peut arriver qu’il y reconnaisse une possibilité intéressante, qui le réjouit et lui donne de nouvelles facultés. C’est comme un outillage, une augmentation.
Un corps ne s’arrête pas aux frontières de sa peau, ni au sol sur lequel il pose les pieds. Il travaille, avec son frère le cerveau, à nous constituer une panoplie d’avatars plus ou moins larges, fluides ou enracinés. Ces autres corps, on peut les appeler images du corps et il ne tient qu’à nous de les multiplier. Loin d’appartenir au seul domaine de la pensée, ces images prennent leur origine et se développent en sensations bien concrètes.
Le corps peut gagner en épaisseur, longueur, largeur, membres et bifurcations, s’il utilise cette faculté de se réinventer selon sa perception du monde extérieur : celle des objets, des plantes, des animaux, des mains aimées et même celle des pieds qui nous ont heurtés. À chaque perception, un nouveau corps possible à mettre dans notre panoplie. Il trouvera son usage. À l’occasion il nous élargira.
Les textes sont une invitation à se réinventer sous d’autres formes qui, étrangement, nous révèlent à nous-mêmes.
Die Inhaltsangabe kann sich auf eine andere Ausgabe dieses Titels beziehen.
Anne De Roo a suivi les cours de lʼAtelier de dessin de l'Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles. Aujourd'hui, elle écrit, dessine et enseigne à l'école des Beaux-Arts de Wavre.
Ses textes sont courts – des fragments. Par l'écriture, Anne De Roo tente à la fois de comprendre et dʼinventer les rapports du corps au monde. Elle s'invente des subterfuges pour approcher ce corps multiple qui est le sien, le nôtre. Elle le métamorphose en pensée: il devient objet, meuble, pièce, surface, étendue…
Aux éditions Esperluète, Les mille corps est son quatrième titre, après Aérer la maison (2008), Amour, impossibles objets (2010) et La nuit je cherche l’eau (2012).
A propos de son écriture :
« La poésie vient obscurément. Il naît en moi une association de mots, un début, et la suite du poème en découle, coule comme une source, pousse comme une jeune tige.
Les textes sont vrais, cela signifie qu’ils ont la faculté de me révéler le monde. Ils révèlent, du monde, ce que j’avais besoin qu’ils me révèlent. Ils me révèlent, du monde, ce dont j’ai besoin, moi, pour y pousser bien, pour y incarner ma nature-plante. Qu’est-ce à dire ?
La plante pousse et ne se retient de pousser ni n’inverse sa croissance. Elle ne peut régresser. Quand, en hiver, elle semble diminuer, elle travaille au secret de la terre, de ses atomes. Elle accumule. Elle prépare. Elle pousse en pensée, en intention, et cela est matériellement détectable.
La plante est mon modèle de longue date. Cultiver mon moi-plante m’aide à me réinventer, à outiller les transformations que la vie me proposent, à surmonter les obstacles. »
„Über diesen Titel“ kann sich auf eine andere Ausgabe dieses Titels beziehen.
Anbieter: Buchpark, Trebbin, Deutschland
Zustand: Sehr gut. Zustand: Sehr gut | Sprache: Französisch | Produktart: Bücher | Keine Beschreibung verfügbar. Artikel-Nr. 37079590/2
Anzahl: 3 verfügbar